Miquel Ivars traileur expérimenté parcourt 2 sommets en FiveFingers

Nous vous présentons Miquel Ivars, coureur espagnol expérimenté en trail. Dans son parcours il faut souligner sa participation aux marathons du circuit de la coupe du monde : L’UTMB, Cormayeur-Champex-Chamonix, Zegama-Aizkorri, Alpino Madrileño, X-trem Mulleres, Galarleiz, Marató de la Marina et la Pelegrins Barefoot Trail Running, entre autres.

Cette fois-ci, il est parti en solitaire, à la conquête des deux sommets magnifiques (l’Aneto et Le Grand Paradiso) en Vibram FiveFingers Spyridon.

DEUX VOYAGES AU CŒUR DE MES MONTAGNES EN SPYRIDONS

1er sommet : ANETO 3.404m F+

31 juillet 2013, sommet de l’Aneto, le jour était parfait : visibilité 100%, aucune menace de mauvais temps, aucun vent. Les manchons je les avais déjà descendus avant d’arriver au Portillon Supérieur. Au sommet, j’étais en short et en t-shirt., il n’y avait pas de vent.

C’était la 4ème fois de ma vie que de retour du sommet, je traversais le “Paso de Mahoma” et, en même temps, la plus confortable. Les Spyridon (Vibram FiveFingers ) étant comme des chaussons, j’ai pu avoir une bonne foulée tout en étant en sécurité.

La descente du glacier a été très confortable et rapide, à l’exception du trajet entre le Portillon et le refuge de la Renclusa. 2 heures et 30 minutes après avoir posé le pied au sommet, je me retrouvais dans la voiture en train de sécher mes larmes de joie. J’étais ému en pensant que cette course avait été la plus belle de ma vie, sans aucune arche d’arrivée, sans aucun ravitaillement, sans prix, et sans que le public n’ait d’idée d’où je venais, et, moins encore, ne savant interpréter le regard de celui-qui arrivait du sommet.

2ème sommet : GRAN PARADISO 4.061m F+

19 août 2013, il est 20h, et ils nous ont déjà donné à manger au refuge Vittorio Emmanuele II. La nuit est tombée, j’ai le matériel prêt dans un petit sac à dos qui attire les regards de nos collègues de chambre allemands.

La nuit avant l’ascension est toujours la nuit parfaite pour que tous tes fantômes, peurs et faiblesses viennent te rendre visite. Cette fois-ci, j’ai essayé de les éviter, ou au moins, de les éviter, car à 20h 30 j’étais déjà dans le sac de couchage; je les ai semés et me suis endormi en quelques instants, avec le son de la pluie.

Mais, c’était juste une illusion car, tout d’un coup, je me suis réveillé trempé de sueur, j’ai retiré la couverture, ouvert la fermeture éclair du sac de couchage, regardé ma montre…Il était encore 23h 35! Pendant les 5 heures suivantes, je suis tombé dans la même crevasse 200 fois, je glissais sur une pente gelée…dans un sommeil instable.

LE MATÉRIEL: Matériel indispensable et poids minimum

Monter avec le moins de matériel pour aller au plus vite (dans la mesure de mes possibilités), était la seule chance de remporter la partie contre le froid. Le test que j’avais réalisé en montant à l’Aneto n’avait été qu’une expérience à titre indicatif, car, à vrai dire, les conditions météorologiques n’étaient pas les mêmes.

Maintenant et grâce à ces expériences, je sais que mes compagnes (les Spyridons) réagissent de manière correcte sur des terrains escarpés avec de la neige et une difficulté technique facile.

L’alpinisme minimaliste, le style de vie de Iñaki Ochoa, et ensuite la lecture de son ouvrage posthume (Bajo los cielos de Asia), m’ont fourni une sensation indescriptible. Depuis 3 ans, je pensais à l’idée de faire une activité de ce type, adaptée à mon niveau physique et technique, et tout en connexion avec la philosophie du matériel indispensable, et de la vitesse maximale. En ce moment, les chaussures minimalistes m’ont donné la possibilité d’aller un peu plus loin et cette expérience m’a rendue heureux, très heureux.

Prochainement je vous montrerai comme j’ai réussi à adapter les crampons aux Spyridon.

L’aventure est une impulsion du cœur humain, une pulsion face à laquelle n’importe quel acte raisonné est inutile. La seule chose nécessaire est l’illusion et l’imagination, et bien sûr, le ressenti de l’amour de ceux-qui sont restés à la maison et qui nous soutiennent, sans nous transmettre aucun doute.

Traduction d’un extrait de l’ouvrage : Bajo los cielos de Asia. Ińaki Ochoa de Olza

Maelle Dumont (9 Posts)


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