SainteLyon en FiveFingers et transition

Je m’appelle Nicolas, j’ai 31 ans, j’ai découvert brièvement la course à pied en octobre 2014 et je cours régulièrement, 4 fois par semaine, depuis décembre 2015. Je suis un coureur minimaliste depuis le 23 juillet 2016, date à laquelle j’ai effectué mon 1er footing équipé de Vibram Fivefingers KSO EVO. Voici le récit de ma transition.

Courant habituellement avec des Saucony Triumph Iso 2 et Saucony Ride 8, mes après séances se résumaient à des douleurs aux genoux, non handicapantes, mais gênantes dans la vie quotidienne. J’ai alors commencé à chercher une solution sur internet, et de fil en aiguille je me suis intéressé à la foulée naturelle et aux chaussures minimalistes et plus particulièrement aux Fivefingers. Mi juillet, un code promotionnel me fait passer le cap de l’achat. Comme je suis quelqu’un qui n’aime pas faire les choses à moitié, je commande directement le modèle le plus minimaliste qui soit pour la course à pied : les Vibram Fivefingers KSO EVO. Après une aussi bonne ristourne, autant commencer fort, le risque financier n’est pas si grand. Au pire si je n’aime pas, elles iront au placard. M’étant bien renseigné sur les étapes de transition, elles n’avaient plus de secrets pour moi. En attendant mes fameux « gants de pieds », je peaufinais ma documentation pour être prêt à ne griller aucun jalon.

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Le 23 juillet 2016, je récupère mes KSO EVO : c’est partit pour 3km de footing avec celles-ci et 7km de footing avec mes chaussures classiques… enfin ça, c’est ce qui était prévu. Au bout de 3km, je ressens de si bonnes sensations que je décide de pousser jusqu’à 5km. Tant pis pour les prétendues douleurs du débutant aux mollets et tendons d’Achille. Arrivé à 5km, j’ai la fainéantise de rentrer pour changer de chaussures alors je continue ma séance avec les KSO EVO. 10km plus tard, quelques étirements, les sensations ont été plus que bonnes, je suis entièrement conquis par ces chaussures ! C’était sans compter le lendemain sur les horribles douleurs du débutant que j’évoquais au dessus. Contractures aux mollets et horribles maux aux tendons d’Achille pendant 3 jours. Le 28 juillet, je recours avec ces chaussures, mais cette fois sur 8km : mêmes sensations mais aussi mêmes douleurs. Bref, je déchante rapidement.

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Mais cette leçon me met la puce à l’oreille. Je prends conscience que mes mollets et mes tendons d’Achille ne travaillaient aucunement auparavant. Ce qui se dit sur internet est donc vrai : en minimalistes, le tendon d’Achille est l’amortisseur naturel du corps. Ni une, ni deux, une fois mes courbatures disparues, je décide de recourir de façon minimaliste… mais en chaussures classiques ! Et oui. Je reproduis, pendant quelques entraînements, ma foulée minimaliste, avec mes Saucony, c’est-à-dire atterrir sur l’avant du pied, puis effleurer le talon sur le sol. Résultat : j’ai de légères courbatures aux mollets après mes séances ! C’est bon signe, je fais le bon exercice.

Au fur et à mesure des séances et des km, mes courbatures sont de moins en moins présentes, je décide de recourir en minimalistes… ma 1ère sortie longue : 20km. Et cette fois-ci, je prends du plaisir sans en subir les conséquences. L’après séance n’a pas été le calvaire de mes débuts. Je suis à la fois content et euphorique. J’ai amorcé ma transition, je regarde à présent vers l’avenir… mais c’est août, les vacances, la plage, le soleil, le farniente. Bref on verra à la rentrée.

Mais voilà que fin août, catastrophe, je me casse l’orteil du milieu du pied gauche : 1 mois complet sans courir ! Deux conséquences à cela. La première : je vais devoir tout recommencer le début de mon entraînement en minimalistes. Et la deuxième, la plus inquiétante : j’ai mon 1er marathon prévu dans un peu plus d’un mois, le 4 octobre 2016, celui de Lyon.

Je décide de ne pas vendre mon dossard et, contre l’avis de mon médecin, de recourir 2 semaines avant la fin prévue de ma convalescence. Décision « judicieuse » car j’ai pu courir mon marathon en 4h sans peiner, mais équipé de mes chaussures classiques. Ce n’est qu’une semaine après que j’ai repris l’entrainement en minimalistes, avec comme bonne surprise de ne pas retrouver les douleurs du début. J’ai pu reprendre l’entraînement là où je l’avais laissé. Je me fixe comme prochain objectif les 72km de la Saintélyon, mais en chaussures classiques.

Les séances s’enchaînent et les km défilent en KSO EVO. Je peux à présent réaliser tout mon entraînement avec ces chaussures sans douleur : footings, fractionnés courts, fractionnés longs, VMA en côtes et sorties longues. Petite étape officielle le 5 novembre 2016 aux 26km du Lyon Urban Trail by Night pour me faire les jambes et tester mes capacités. Les KSO EVO n’étant pas adaptées au terrain et à la météo désastreuse, je décide de partir en Saucony. Je termine en 2h50.

L’entraînement se poursuit, avec des sorties longues allant jusqu’à la distance marathon, toujours en minimalistes et toujours à hauteur de 4 séances par semaine.

Mi novembre, je prends conscience de mes capacités en minimalistes et je me lance le défi de courir la totalité des 72km de la Saintélyon en chaussures minimalistes. Peu importe le terrain, peu importe la méteo, je vais courir en minimalistes, c’est décidé.

N’ayant que les KSO EVO, elles ne feront absolument pas l’affaire sur cette course. Vient le choix des chaussures minimalistes « tout terrain ». Je me renseigne sur internet, je regarde des vidéos, je lis quelques avis. Mon choix est fait, et ce ne seront pas les Vibram Fivefingers Spyridon Mr. Et non ! Ce seront les Vibram Fivefingers Trek Ascent. Pourquoi ne pas prendre les Spyridon ? À première vue, en lisant les caractéristiques et les différents articles sur ces chaussures, ce sont les chaussures idéales pour ce type de course. C’est vrai, à un paramètre près : le verglas. La surface d’adhérence de la semelle des Spyridon n’est pas assez importante pour affronter le verglas. Chose confirmée par l’avis d’une traileuse que j’ai contacté et qui avait effectué l’an dernier la Saintélyon en Spyridon en ayant beaucoup dérapé sur le verglas. La semelle des Trek Ascent est beaucoup plus plate et permet d’avoir beaucoup plus de surface d’adhérence au sol. Elles disposent aussi de bons crampons. Donc je me décide à les commander pour pouvoir les tester en course officielle sur les 30km du Jogg’Îles, le 20 novembre 2016.

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Ce n’est pas sans appréhension que je me lance sur cette course avec mes nouvelles Trek Ascent. Bien qu’ayant déjà couru la distance marathon en minimalistes à l’entraînement, l’allure n’était que du footing, à peine 10km/h.

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2h30 (12km/h de moyenne) après le départ de la course, je passe la ligne d’arrivée dans les meilleures conditions possibles : j’ai pris du plaisir et je n’ai pas peiné. Test concluant, c’est en Vibram Fivefingers Trek Ascent que je vais courir la Saintélyon.

Jour J pour la Saintélyon, le 3 décembre 2016 à minuit, je passe l’arche de départ et prend conscience que je fais partie du peu de personnes sur cette course (peut-être le seul ?) à courir en Fivefingers. Le doute s’installe, pourquoi n’ai-je pas pris mes chaussures classiques ? La réponse ne se fait pas attendre. Quelques kilomètres après le départ, le parcours s’intensifie avec des chemins caillouteux et boueux. Puis des routes verglacées. Les Trek Ascent passent absolument partout, et sans problème ! Les cailloux ? Pas de problème, je prends facilement mes appuis grâce à une perception instantanée du sol et une foulée minimaliste qui me permet d’être réactif aux obstacles. La boue ? Aucun souci, je fonce dans le gras, la semelle Megagrip adhère de façon impressionnante et je ne patine pas comme la majorité des personnes autour de moi. Certes j’ai les pieds mouillés, mais c’est vite oublié, 30 secondes plus tard c’est sec. Le verglas ? Connais pas, encore une fois la semelle Megagrip se révèle redoutable et la seule façon pour moi de voir le verglas sur la route c’est de voir les autres coureurs déraper. Je n’ai glissé à aucun moment.

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Tout au long de ces 72km, la fatigue physique ne s’est pas fait ressentir. Equipé de chaussettes à doigts de pieds Injinji Trail Midweight, je n’ai fait que 2 minuscules ampoules (une à chaque pied), et ce sur les 5 derniers km dans les descentes sur bitume. Aucun autre dégât à déplorer si ce n’est le manque de sommeil ressenti à l’arrivée, après 9h26 de course, mais ceci n’est pas lié aux chaussures. J’ai pris du plaisir à courir cette Saintélyon en minimalistes !

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Après avoir relevé le défi de la distance en minimalistes, je vais, pour 2017, relever le défi de la vitesse en minimalistes, en essayant de passer sous la barre des 40 minutes sur 10km, 1h30 sur semi et 3h30 sur marathon. Et pourquoi pas retenter la prochaine édition de cette Saintélyon avec comme objectif moins de 9h. Ma transition est déjà bien entamée, je vais la poursuivre.

Pour conclure sur mon expérience en minimalistes, bien qu’elle soit courte (à peine 4 mois), j’en ressens déjà les bienfaits. Aussi bien physiquement que mentalement. Sur le plan physique, je n’ai plus aucune douleur nulle part et ne fait presque plus d’ampoules. J’ai les jambes beaucoup plus musclées qu’auparavant pour les mêmes entraînements. J’encaisse mieux les longues distances et la récupération est beaucoup plus rapide. Sur le plan mental, je prends beaucoup plus de plaisir à courir de façon différente par rapport aux autres coureurs. Les sensations de légèreté et de liberté sont très agréables. La perception des aspérités du sol me permettent d’être en parfaite harmonie avec l’environnement dans lequel je cours. Aussi, ces chaussures attirent la curiosité et sont génératrices de liens sociaux.

Si j’avais un seul conseil à donner pour une bonne transition ce serait celui-ci : ne commettez pas l’erreur de ne pas poser le talon au sol. Je pense qu’en Fivefingers, l’atterrissage se fait sur l’avant du pied, puis le talon vient effleurer le sol très brièvement. L’impact est fluide, non traumatisant pour le pied et le genou. Ce conseil est basé sur mon expérience personnelle. Il n’a aucune valeur scientifique. Mais je pense que c’est grâce à cela que j’ai pu faire une transition aussi rapide.

La course à pied en « gants de pieds », j’y ai pris goût, et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Arthur Viret (74 Posts)


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5 commentaires

  1. Salut Nicolas, beau témoignage !

    Je pense qu’il faut quand même noter que tu as eu une conversion très rapide, peut-être parce que tu ne cours pas depuis très longtemps ? En tout cas, le résultat est impressionnant, la StE-Lyon en VFF après une conversion commencée en juillet, la classe !
    Et trop bien ton bilan sur les VFF Trek Ascent, j’hésite toujours à m’acheter des VFF, mais tu m’as convaincu sur le modèle 🙂
    Ta remarque sur le talon est en effet pertinente, il n’y a qu’à observer les travaux du Dr Lieberman pour en être convaincu (notamment cette video: https://www.youtube.com/watch?v=TjrEyfQC5NQ), le talon sert évidemment en « minimaliste », c’est juste qu’on n’attaque pas dessus, mais sur l’avant du pied.

    Sergio

    1. Salut Sergio.

      En effet le fait que je ne cours pas depuis très longtemps me permet surement de faire une transition plus rapide. Je n’ai pas des années de chaussures classiques dans les pattes.
      Les Trek Ascent sont vraiment top. Et si tu as la chance de les avoir en version LR ne te prive pas. Les KSO EVO aussi sont top sur le bitume. On a l’impression de ne rien avoir aux pieds. Par contre, le mesh est très fragile. J’ai déjà eu un trou à moins de 200km que j’ai réparé avec une rustine et de la colle à textile. Pour l’instant la réparation tient le coup.

      Nicolas

  2. Sympa le témoignage! Je pense t’avoir vu dans le hall de St Etienne. En tout cas j’ai bloqué sur un coureur en minimaliste, je ne pense pas qu’il y en avait des tas! Dommage j’ai fini en 9h25 mais en partant à 00h10, on aurait pu faire la course ensemble!

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